Info pour les parents

Comme parent, il peut être difficile de croire que son enfant pourrait être impliqué ou est impliqué dans un incident d’autoexploitation juvénile (sextage). Nous voulons vous aider à faire face à ce problème social grandissant et vous proposer des façons d’aborder la question avec votre ado afin de prévenir pareille situation. Nous vous expliquerons aussi quoi faire si votre enfant a des problèmes par suite de la diffusion d’une photo ou d’une vidéo à caractère sexuel par d’autres jeunes.

Pistes de discussion

Il est très important de parler souvent à votre ado des risques associés à l’usage du numérique dans un contexte d’expérimentation sexuelle, car cela l’incitera davantage à la prudence sur Internet.

  • Servez-vous des cas rapportés par les médias pour engager le dialogue avec votre ado

    Il n’est pas toujours facile d’amener des ados à parler ouvertement de ce qui se passe dans leur vie, surtout lorsqu’il s’agit de sexualité et de relations amoureuses. Un bon moyen d’aborder cette question (et bien d’autres) avec votre ado est de vous servir d’histoires vécues par d’autres ados et rapportées par les médias. Profitez de l’occasion pour discuter des risques et de ce qui aurait pu être fait pour empêcher les choses de mal tourner. Votre ado risque moins d’être sur la défensive si l’histoire n’a rien à voir avec lui. Cette façon d’aborder les choses l’incitera peut-être à vous confier quelque chose qui lui est arrivé ou qui est arrivé à un autre jeune.

  • Discutez de la différence entre une relation saine et une relation malsaine

    Rappelez à votre ado que, dans une relation saine, personne n’a pas à subir de pression venant de l’autre pour s’engager dans des conversations sexuellement explicites ou partager des images à caractère sexuel. Le respect, la dignité, l’honnêteté, la confiance, la gentillesse, l’écoute, l’acceptation et la loyauté sont toutes des qualités d’une relation saine.

  • Parlez de l’importance de l’établissement et du respect des limites de chacun

    Les informations à caractère personnel que votre ado partage et celles que d’autres partagent avec lui doivent être protégées et traitées avec respect (elles ne doivent pas être dévoilées à d’autres). Faites valoir que ce principe continue de s’appliquer après la fin d’une relation.

  • Discutez des problèmes qui peuvent arriver lorsqu’on partage des informations à caractère personnel ou sexuel

    Une fois transmises, ces informations peuvent facilement être utilisées de façon malavisée par la suite. Le destinataire pourrait les montrer à ses amis, les retransmettre ou les publier sur Internet, ou encore s’en servir pour manipuler l’autre personne et la contraindre à se livrer à d’autres activités sexuelles.

    • Un garçon reçoit des menaces après s’être livré à des actes sexuels devant webcam

      Un gars de 15 ans s’était fait demander de se livrer à des actes sexuels devant une « admiratrice » à la webcam. Après s’être exécuté, le gars s’est fait menacer de voir la vidéo mise en ligne à la vue de ses pairs s’il refusait de produire de nouvelles vidéos.

    • Médias sociaux : Un faux ami s’empare de photos intimes et les publie sur Internet

      Un type avait réussi à faire croire à une fille de 16 ans qu’ils étaient des amis virtuels. Ensuite, il s’est emparé de photos d’elle nue sur un de ses comptes de médias sociaux et les a publiées à la vue de tous sur plusieurs sites. Il a aussi créé des profils factices de la fille en utilisant son nom et ses photos intimes en plus de publier les photos sur Twitter et Snapchat et de les envoyer aux membres de sa famille.

    • Sextage : Des photos intimes retransmises à qui mieux mieux

      Une fille de quatorze ans avait envoyé des photos d’elle seins nus à un garçon de 13 ans. Le garçon les a ensuite retransmises à un de ses amis qui les a retransmis à d’autres et ainsi de suite. Les photos ont ainsi été envoyées à plusieurs personnes à travers diverses applis et plateformes de messagerie instantanée.

    • Après le sextage, le harcèlement

      Une fille de 15 ans avait envoyé des photos d’elle partiellement et complètement nue à son petit ami par texto. Ce dernier a retransmis les photos à d’autres qui les ont enregistrées sur leur téléphone. Depuis, la fille ne cesse de recevoir des appels téléphoniques et des messages vocaux venant d’autres jeunes qui lui disent de se suicider.

    • Une fille se fait solliciter par des inconnus après que son ex petit ami a publié des photos intimes d’elle en ligne

      Une fille de 17 ans avait pris des photos d’elle partiellement et totalement dévêtue pour son petit ami. Quand leur relation a pris fin, le gars a envoyé les photos à ses amis et les a publiées sur plusieurs sites internet. La fille se fait maintenant solliciter sur Skype, Facebook et d’autres plateformes par des inconnus qui lui demandent des choses ou l’insultent.

  • Discutez des moyens de sortir d’une situation inconfortable

    Apprenez à votre ado comment sortir d’une conversation ou d’une relation indésirable. Il y a des moyens directs de se sortir d’une situation désagréable; on peut par exemple refuser de faire quelque chose en disant « Je ne veux pas » ou « Non merci », ou couper les contacts en s’abstenant de répondre aux messages de la personne et en la bloquant ou en la retirant de sa liste de contacts. Il y a aussi des façons indirectes de mettre fin à une conversation; on peut par exemple trouver une excuse du genre « Je dois partir, on m’attend » ou imputer la faute aux parents : « Ma mère peut inspecter mon ordinateur à tout moment et me mettre des conséquences.

  • Discutez de l’importance de demander votre aide si les choses vont trop loin

    Expliquez à votre ado qu’il est important de parler de ces choses à ses parents et que vous ne lui en tiendriez pas rigueur le cas échéant. Faites-lui bien comprendre qu’il n’est jamais trop tard pour demander de l’aide, même s’il a fait une erreur ou s’il a honte de ce qui s’est passé. Rappelez-lui que sa sécurité vous importe plus que tout.

    Exemples de situations qui vont trop loin :

    • Lorsqu’il a des craintes par rapport à ses communications avec quelqu’un et a l’impression d’avoir commis une erreur.
    • Lorsque quelqu’un lui tient des propos obscènes ou agressifs.
    • Lorsqu’une situation devient inconfortable, excessive, stressante ou terrorisante.
    • Lorsque des photos ou des vidéos intimes sont diffusées sans le consentement de la personne que l’on y voit.
    • Lorsqu’on lui fait des menaces ou du chantage.
  • Parlez des lois canadiennes en lien avec ces questions

    • Pornographie juvénile

      Le terme « pornographie juvénile » s’entend de toute photo ou vidéo à caractère sexuel d’une personne de moins de 18 ans présentée nue ou partiellement nue ou se livrant à un acte sexuel. Il est illégal de regarder, de prendre, de conserver, d’envoyer ou de publier de telles photos ou vidéos.

    • Diffusion non consensuelle d’une image intime

      La diffusion non consensuelle d’une image intime implique qu’une personne en possession d’une image à caractère sexuel ou intime de quelqu’un d’autre prise dans un contexte privé publie cette image sur Internet ou la transmette à quelqu’un d’autre en toute connaissance de cause, sachant que la personne sur l’image n’y consentirait pas (ou sans se soucier de savoir si elle y consentirait ou non). Toute personne qui agit de la sorte s’expose à des sanctions pénales.

    • Autres lois

      Consultez notre section intitulée La loi pour vous renseigner sur d’autres infractions au Code criminel susceptibles de s’appliquer dans pareilles situations.

  • Parlez des risques auxquels on s’expose lorsqu’on se livre à des activités sexuelles devant webcam

    Dites à votre ado qu’il est risqué de se livrer à des activités sexuelles devant webcam. Faites-lui bien comprendre ce qui suit :

    • Il est facile d’enregistrer ce qu’une personne fait durant une session webcam; ne faites pas l’erreur de penser qu’il n’y a rien là parce que c’est du direct.
    • Ce n’est pas difficile de diffuser en direct des images préenregistrées. Par exemple, un garçon pourrait penser être en communication directe avec une fille alors qu’il se fait passer une vidéo tournée à une autre occasion, et il pourrait très bien s’agir d’une vidéo de quelqu’un d’autre (le véritable interlocuteur est un adulte, mais la vidéo préenregistrée montre une jeune fille).
    • À moins de connaître son interlocuteur dans la vraie vie, il n’existe aucune façon de vérifier à qui on a affaire dans une session webcam.
    • Il faut être très prudent si, durant une session webcam, l’autre personne n’envoie pas de signal vidéo (p. ex. « J’ai des problèmes avec ma webcam aujourd’hui; c’est pour ça que tu ne me vois pas »).